Teatro Azul (Théâtre Bleu) , théâtre municipal de Almada; Portugal (1998-2005), Manuel Graça Dias, Egas José Vieira et Gonçalo Afonso Dias. © Fernando Guerra/ Atelier Contemporânea
Teatro Azul (Théâtre Bleu) , théâtre municipal de Almada; Portugal (1998-2005), Manuel Graça Dias, Egas José Vieira et Gonçalo Afonso Dias. © Fernando Guerra/ Atelier Contemporânea

Jusqu’au 29 août 2016

PARIS (75)

Chaillot – Cité de l’Architecture et du Patrimoine

www.citechaillot.fr


Autour de l’exposition :
« Off Shore » : table ronde et projection le 9 juin à 20h30

Catalogue de l’exposition, sous la direction de Nuno Grande
Coédité par la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, la Fondation Gubelkian et les éditions Parenthèses
Avril 2016, 35 €

  • mai 2016
  • Par Carole Fouque , journaliste
Agenda culturel

Les Universalistes – 50 ans d’architecture portugaise

Jusqu’au 29 août 2016 -
PARIS (75), Chaillot – Cité de l’Architecture et du Patrimoine

En opposant si fortement les termes d’universalisme à ceux d’(inter)nationalisme, l’exposition se veut provocatrice avec la volonté délibérée de réancrer le Portugal au cœur de l’Europe, tant d’un point de vue géographique que culturel, tout en mettant en évidence ses particularismes.
L’architecture portugaise fut évidemment très marquée par les tourments de son histoire récente. Dès lors, que faire avec l’héritage national et colonial imposé par la dictature de l’Estato Novo (L’État nouveau) ?
Après la révolution des Œillets de 1974, une réponse post-moderne s’imposait, faisant écho aux revendications estudiantines et ouvrières de Mai 68 qui agitèrent la France et l’Europe. Il fallut surmonter bien des contradictions, comme la volonté de contester et d’abattre le système tout en profitant de la nouvelle manne financière apportée par Bruxelles après l’intégration du Portugal au sein de la CEE en 1986 (le dépôt de candidature date de 1977). Face à ces nouveaux enjeux comme la globalisation ou la mondialisation qui reposaient en termes nouveaux le problème d’une culture globale ou au contraire identitaire, l’architecture devint un outil politique majeur. Par exemple, en 1974, se posa la question cruciale de l’habitat social avec un déficit de 60 000 logements ; l’influence marxiste fut manifeste avec la constitution de brigades interdisciplinaires et la consultation du voisinage pour une plus grande collaboration de tous et une mise en commun des forces et des bonnes volontés.
Au Portugal, plus qu’ailleurs, les architectes aiment travailler et surmonter les contraintes, notamment géographiques (comme le stade municipal de Braga – Eduardo Souto de Moura- ou la casa das Mudas à Estreito da Calheta -Paulo David-)… Au Portugal, plus qu’ailleurs, il n’y a pas une architecture particulière mais DES architectures particulières.
Il fallut trouver, inventer une 3e voie, ni locale, ni internationale, ni populaire, ni moderniste mais tout cela à la fois. Ce fut une intense période d’expérimentation à laquelle participèrent les meilleurs architectes, dont Alvaro Siza qui marqua chacune des décennies de cette période féconde couvrant la seconde moitié du XXe siècle.
Cette « expo rue » en présente les réalisations les plus emblématiques, à commencer par la Fondation Gulbenkian (1959-1969), véritable œuvre inaugurale de cette architecture universaliste portugaise.

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© CAPA 2016. © Graphisme Change is Good
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