Édito

  • déc. 2019
  • Par Philippe Cieren , Rédacteur en chef
Église Saint Ayoult à Provins. Les sculptures datent de 1990 et sont l'oeuvre de Georges Jeanclos. Elles comblent depuis 1986 la lacune qu'avaient laissée les destructions de la période révolutionnaire. C'est un bel exemple de substitution par une oeuvre contemporaine. © Ph. Cieren.
Église Saint Ayoult à Provins. Les sculptures datent de 1990 et sont l’oeuvre de Georges Jeanclos. Elles comblent depuis 1986 la lacune qu’avaient laissée les destructions de la période révolutionnaire. C’est un bel exemple de substitution par une oeuvre contemporaine. © Ph. Cieren.

Combler la lacune ?

Face au mauvais état d’un monument, pour peu qu’il soit complet ou que les manques soient si peu importants qu’ils passent inaperçus, le raccommodage ne pose généralement pas de problèmes particuliers. Si les circonstances ont conduit à des désordres plus importants, mais que l’accroc se trouve par chance dans une zone dont la reconstitution tombe sous le sens, parce que la composition d’ensemble la dicte sans aucun doute, le choix de la restitution s’impose et satisfait l’ensemble des acteurs sans débat. Quand la béance va au-delà, combler la lacune aboutit à un travail de conception qui fait nécessairement basculer la restauration dans le domaine du projet, que le compromis final soit une hypothèse de restitution rendue imperceptible, une intervention affirmant sa différence ou toutes les graduations savantes du comblement, que l’on doit voir sans le voir…
Ces principes doctrinaires sont bien connus et constituent, somme toute, une grammaire bien utile. Ils sont un sujet de débats théoriques sans fin opposant les partisans de la restitution ou de la création à ceux du dernier état connu et le projet de restitution de la flèche lacunaire de la basilique de Saint-Denis en est un bel exemple.
Ce nouveau dossier de la Pierre d’Angle qui prend la forme d’actes de la journée d’étude du « collège des Monuments historiques » est l’occasion de montrer des exemples qui, au-delà du débat théorique, ont rassemblé l’ensemble des intervenants du processus de restauration autour d’une solution. Leurs variétés attestent bien de la vivacité des acteurs pour aboutir au bon compromis qui permet à un projet partagé d’aboutir et surtout de valoriser notre patrimoine.

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