Le ravalement de l’église Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus

Ravalement confortatif et décoratif de l’église - Les pierres de Gneis étaient totalement délitées, un enduit imitant l’appareil de pierres a été réalisé, avec des inclusions de mica pour retrouver le châtoiement du gneis.

Chantier : corniche d’Aix-les-Bains, 83820 Le Rayol Cannadel
Maître d’ouvrage : Association diocésaine de Fréjus-Toulon
Architecte, maître d’œuvre : Luc Tissot, à Grasse
Date permis de construire : 22/04/2015
Montant de l’opération : 98 911,05 € HT
Durée du chantier : 7 mois

Les travaux entrepris ont été motivés par la forte dégradation des maçonneries des murs de la partie originale et des réparations datant de la campagne des années 80. Cette dégradation se caractérisait par une alteration des mortiers et la rupture des pierres. Pour comprendre le processus de dégradation des murs de l’église nous avons fait un prélèvement des mortiers pulvérulents des joints et du hourdage des murs de l’église. Nous les avons fait analyser par un laboratoire spécialisé. Cette opération, réalisée par un chimiste expert dans la reminéralisation des mortiers, a confirmé que la cause première des désordres était la mauvaise qualité des sables utilisés comme charge des mortiers de hourdage, ceci associé aux remontées d’humidité. Ce sable humidifié a corrompu le liant de chaux en attaquant sa structure calcaire. Les joints se délitant, les pierres constituant le mur sont entrées en contact les unes avec les autres de façon ponctuelle. Ces contacts ont entraîné des contraintes importantes très localisées qui ont favorisé le clivage des moellons à structure foliée. La dégradation des mortiers entrainant le clivage et la dislocation des pierres, décrit le processus dont nous pouvons constater les effets. Le processus est accéléré par les diverses réparations faites au mortier de ciment, qui ont jalonnées l’histoire du bâtiment : la création d’une peau étanche accentue et accélère les remontées d’humidité, moteur majeur du processus.

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La solution du confinement de l’ouvrage est donc la seule solution envisageable. Nous savons d’expérience que le simple rejointoiement de surface ou le simple enduit ne permettent pas d’obtenir ce résultat. En effet, la dégradation amorcée induit des contraintes qui entraînent la rupture des enduits et des joints et la poursuite du processus. Nous savons d’expérience que l’utilisation de mortiers de ciment ne fait qu’accentuer la dégradation des mortiers, du fait de son imperméabilité. Nous proposons, après un piquage profond des joints, de rejointoyer puis enduire en utilisant un mortier de chaux (perméable aux vapeurs d’eau) armé de fibres spécialement traitées.
Nous avons proposé cette solution au représentant du STAP en charge du dossier. Soucieux de préserver les témoins du charme de l’église originale, il nous a été demandé d’envisager la possibilité de coller un revêtement pierre afin de se rapprocher de l’esthétique initiale des murs. Nous avons cherché une solution technique qui satisfasse à la règlementation concernant les parements pierre de fine épaisseur collés. Du fait de la nature du substrat, mur/enduit de confinement, nous n’avons pas trouvé de solution technique satisfaisante.

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Afin de retrouver un aspect proche nous avons réalisé une série d’essais d’enduits teintés dans la masse, enrichis de micas. Nous avons réalisé un essai en place, l’avons laissé sécher afin de vérifier qu’il offre un résultat acceptable. Il a demandé à être complété par des badigeons et a permis de retrouver un aspect proche de celui qu’offrait l’appareillage original.

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