La restauration de la verrière de la rotonde d’Antin du Grand Palais

  • En collaboration avec VELUX
  • déc. 2016
  • Par Carole Fouque , journaliste
Plan coupe du Palais d'Antin. © François Chatillon Architecte
Plan coupe du Palais d’Antin. © François Chatillon Architecte

VELUX, leader des fenêtres de toit est aussi le premier donateur en numéraire des Monuments nationaux, poursuivant inlassablement son engagement de mécénat privé en faveur de la restauration du patrimoine français. La restauration de la verrière de la rotonde d’Antin du Grand Palais, siège du Palais de la Découverte est un nouveau projet patrimonial d’envergure pour les Fondations VELUX.

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La Rotonde du Palais d’Antin et sa verrière avant les travaux. © Palais de la Découverte - Sylvain Sonnet

Ve comme ventilation, Lux comme Lumière.

En 2001-2005, la précédente rénovation du Grand Palais s’était concentrée sur la nef et sa consolidation. Or le degré de vétusté du Palais d’Antin, aile ouest du Grand Palais, mieux connu sous le nom de Palais de la Découverte, était élevé. Il était urgent de s’emparer du problème : 6 000 m2 de verrières, 7 000 m2 de toitures en zinc et de nombreux éléments de décor à rénover…
La restauration de cette rotonde d’Antin, financée par les Fondations VELUX, sous la tutelle des services du Patrimoine du ministère de la Culture et de la Communication, avait également pour but de redonner toute son importance à la lumière naturelle.

Un mécène engagé

VELUX a toujours eu pour ambition de concevoir des produits et des « activités utiles à la société, au service de projets d’intérêt général dans les domaines scientifiques, sociaux ou culturels. »

Depuis leur création, les Fondations VELUX ont ainsi soutenu de nombreux projets à travers le monde, pour un montant de 994 millions d’euros (dont plus de 110 millions en 2015 !).

Parmi ses actions les plus remarquables, citons par exemple, en France, le Parlement de Bretagne, dévasté par un incendie en 1994, les vitraux de la Sainte Chapelle en 2015 ou encore le couvent de la Tourette, œuvre de Le Corbusier qui fut le 1er monument XXe à avoir été classé Monument Historique (tombé en décrépitude, sa rénovation a peut-être permis de faire avancer le dossier de classement à l’UNESCO)

La restauration des couvertures et de la rotonde du palais d’Antin

Cette phase 0, menée dans une optique d’ouverture, d’innovation et d’universalité est la phase anticipée d’un chantier extrêmement ambitieux destiné à faire rentrer le Grand Palais dans le XXIe siècle ; un véritable catalyseur d’énergie et une grande fierté pour VELUX.

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Vue d’ensemble du Grand Palais avec le Palais d’Antin au premier-plan. © François Chatillon Architecte
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Projet de décor pour le hall par Albert Thomas vers 1898. © RMN

Quelle noble mission que de faire la promotion de l’Art et de la Science et de les faire dialoguer dans un même lieu culturel, classé Monument Historique !
Cette première phase ne concerne donc que le Palais d’Antin, le plus beau des bâtiments de l’ensemble du Grand Palais, monument emblématique du Paris de la Belle Époque. Ce Palais d’Antin fut même le seul bâtiment qui fût livré fini, avec l’ensemble de ses décors, pour l’exposition de 1900. L’idée est de lui redonner cette place majestueuse et centrale en retrouvant le plan de circulation originale… car il faut se souvenir que le Palais d’Antin en était l’entrée principale.

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Plan du Grand Palais. © François Chatillon Architecte

La lumière est, nous l’avons déjà dit, au cœur de ce projet, l’idée étant de recréer le puits de lumière dans le hall du Palais d’Antin. Celui ci, en devenant « Palais de la Découverte », en 1937, s’était retrouvé de fait isolé du reste du Grand palais. Il s’agit donc de retrouver l’axe transversal et de redécouvrir dans sa totalité le Grand Palais trop souvent réduit à sa grande nef.

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Chantier de restauration des verrières. © Carole Fouque

La verrière de sa rotonde est en réalité un empilement, sur plusieurs niveaux, de différents éléments verriers. Ils sont aujourd’hui sales, voire occultés. Et si la structure entièrement métallique (sans aucune maçonnerie !) est en très bon état, l’ensemble de ces éléments verriers doivent être restaurés, sinon restitués.
Les Fondations VELUX contribue à hauteur de 850 000 € pour cette phase 0. Ce sont même elles qui ont initié l’opération pour des raisons symboliques évidentes (la lumière !) mais aussi pour son caractère d’urgence. Un précieux mécénat numéraire mais aussi une belle aventure humaine, une affaire de complicité entre les différentes parties.
Selon l’architecte François Châtillon, restaurer un Monument Historique, ce n’est pas juste faire « comme avant », il s’agit bien plus d’adapter le monument à son usage actuel, de le rendre utile à la société afin d’assurer sa pérennité, sa transmission. En faisant appel, par exemple, aux techniques contemporaines, en évitant, dans le cas présent, un effet de serre en veillant à l’isolation et à la ventilation… Le changement de la verrière va justement permettre d’avoir recours à des verres « adaptés » et non pas à des verres « à l’identique ».

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Empilement de verrières et de plafonds verriers. © François Chatillon Architecte

À ce stade, le doute persiste toujours sur la qualité du verre à utiliser pour le premier plafond verrier. Armé ou non ? Strié ou non ? L’harmonie visuelle est évidemment un souci permanent. Un travail de haute précision. Un défi, quand on sait que la structure métallique est, quant à elle, irremplaçable, véritable prouesse technique (et optique), du sur mesure que l’on est pas sûr de savoir reproduire !
À l’inverse, la pose de double-vitrages a imposé certaines interventions dans la structure des verrières supérieures, invisibles pour le public, et où, donc, la sécurité primait sur l’esthétique.
Les décors hauts de la coupole seront évidemment restaurés eux aussi… Métal, plâtres, stucs, là encore, on ne trouve aucun travail de maçonnerie, pour des raisons évidentes de légèreté.
Les travaux ont donc été lancés.
Pour chaque niveau de verrière est créé un nouvel échafaudage, un nouveau « parapluie ».
Bref, l’aventure ne fait que commencer… et ne devrait pas se terminer avant 2017 pour le Palais d’Antin, 2024 pour le Grand Palais.