La conservation et restauration des vitraux civils des XIXe et XXe siècles

Vitraux en verre soufflé insérés dans des doubles-vitrages. Client particulier, Paris. © Irisations
Vitraux en verre soufflé insérés dans des doubles-vitrages. Client particulier, Paris. © Irisations

Sauvegarder et valoriser le patrimoine religieux… et civil

Tous les vitraux sont créés, fabriqués, décorés et restaurés dans notre atelier de Saint-Rémy-lès-Chevreuse (78), dans les règles de l’art, par des professionnels qualifiés Artisans d’Art.
Nos engagements: qualité, innovation, service. Irisations est membre d’Ateliers d’Art de France.
Contact : Tatiana Piesyk 07 82 72 24 88
L’atelier sera ouvert au public à l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art les 6 et 7 Avril 2019. Les dates et horaires de visite sont indiqués sur www.irisations.com.

Quand on pense vitrail, on pense spontanément au patrimoine religieux et à ses oeuvres monumentales souvent très colorées. On ne soupçonne pas toujours qu’il existe un patrimoine conséquent de vitraux civils, en particulier des XIXe et XXe siècles, qui décorent de nombreux immeubles privés et publics en France.
Leur restauration et conservation exigent souvent de concilier savoir-faire, sens esthétique, préservation du patrimoine, protection et isolation, en particulier quand ces vitraux sont situés dans des lieux affectés à un usage d’habitation ou de travail.

Le renouveau du vitrail civil aux XIXe et XXe siècles

L’intégration de vitraux dans les édifices civils date du XVe siècle en France. La majorité a toutefois disparu dans le flot des destructions révolutionnaires. Dans la deuxième partie du XIXe siècle, l’emploi du verre dans les constructions civiles reprend avec la construction de grandes structures métalliques et le vitrail retrouve une place choix dans la mouvance des Arts Décoratifs.

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Vitrail XIXe en verre soufflé plaqué décoré à la grisaille et au jaune d’argent. © Irisations.

Il existe un nombre impressionnant de vitraux qui meublent demeures, immeubles et édifices particuliers de cette époque. Il y a bien sûr les vitraux monumentaux des coupoles et verrières des banques ou des grands magasins, comme à Paris ou à Nancy. Mais qui n’a pas découvert un vitrail dans un café, une brasserie, un restaurant de style Art Nouveau? Il y a aussi les vitraux d’appartement et des cages d’escaliers d’immeubles de style, en particulier haussmannien. Les bâtiments communaux et institutionnels tels écoles, mairies ou préfectures ne sont pas en reste : escaliers d’honneur, salles de réunion ou de mariages sont fréquemment ornés de vitraux.

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Vitraux en cage d’escalier restaurés et insérés dans des doubles-vitrages. Client institutionnel, Paris.© Irisations.

Un vitrail, ça se restaure?

Le vitrail, malgré son apparente fragilité, est un bien décoratif particulièrement durable s’il est conçu dans les règles de l’art et régulièrement entretenu. Le réseau de plomb qui maintient les verres décoratifs a une durée de vie de l’ordre de 100 ans selon sa qualité. Il est néanmoins souvent exposé directement à l’humidité au fil du temps, tend à s’oxyder et perd ses qualités de maintien du vitrail.
Dans le cadre de la rénovation globale d’un bâtiment ou d’une habitation, l’un des objectifs sera l’amélioration de la performance énergétique et de l’étanchéité des ouvertures. Or la performance des châssis, vitrages, et a fortiori des vitraux de la fin XIXe, voire du début du XXe siècle ne correspond pas toujours aux normes et besoins actuels.

L’amélioration de la performance énergétique des vitraux par protection extérieure.

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Vitrail d’appartement haussmannien de l’atelier Champigneulle & Fils. © Irisations

On assiste souvent à une volonté de changer la menuiserie extérieure qui s’avère vétuste, laisse passer l’air ou l’humidité et ne dispose pas du confort moderne d’un double, voire triple vitrage. La pièce est difficile à chauffer, sujette aux courants d’air, quand ce ne sont pas des dégradations d’humidité qui apparaissent sur le bâti et les murs.
L’exemple ci-contre illustre une réalisation que nous avons faite dans un appartement de style haussmannien pour un client institutionnel à Paris. La menuiserie d’origine contenait un vitrail de style Art Nouveau signé de l’atelier de vitrail Charles Champigneulle & Fils. L’architecte a joué un rôle majeur pour préserver ce vitrail historique. La menuiserie d’origine a été remplacée par une menuiserie à l’ancienne dans laquelle des doubles vitrages ont été installés.
Le vitrail a été déposé, les verres cassés ont été remplacés et la taille du vitrail a été ajustée pour s’adapter à la taille des nouvelles menuiseries. Ce travail de restauration s’avère particulièrement délicat car il faut effectuer une réduction de la taille du vitrail tout en respectant à la fois, et la continuité du décor peint, et la géométrie du treillage rectangulaire caractéristiques de cette époque.
Le vitrail a été posé en applique contre le double vitrage, ce qui permet d’assurer l’isolation de la fenêtre et la protection extérieure du vitrail. Côté intérieur, on conserve le vitrail d’origine, ce qui permet d’apprécier la texture et les jeux de lumière des verres cathédrales qui le composent.

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Vitraux en verre soufflés insérés dans des doubles-vitrages. Client particulier, Paris. © Irisations.

L’amélioration de la performance énergétique des vitraux par insertion en doubles-vitrages.

Sur le chantier ci-contre, propriété d’un client particulier à Paris, une autre option a été envisagée. Les vitreries d’origines, composées de verre soufflé particulièrement délicat et extrêmement sensible à la pollution parisienne, ont été déposées des fenêtres à l’anglaise. Les menuiseries en bois ont été changées et refaites à l’ancienne, les vitraux ont été dessertis du plomb oxydé, puis ressertis dans du plomb neuf et insérés dans des doubles-vitrages.
L’insertion en doubles vitrages des vitraux est une alternative souvent intéressante pour des vitraux accessibles dans des parties communes d’immeubles qui peuvent être sujettes à des dommages liés à la manutention ou à la circulation, comme les cages d’escalier.

Bien conserver ses vitraux

Le vitrail est un des principaux éléments décoratifs qui donne du cachet au patrimoine français. Il est important de rappeler qu’une protection extérieure des vitraux, un entretien et une vérification régulière de l’état des vitraux et de leurs châssis, allonge le temps de conservation d’un vitrail original.
En prévision d’une restauration, l’atelier du vitrail sera impliqué en amont dès la discussion sur le changement éventuel de châssis, qu’il s’agisse de structure métal, bois ou pierre. Il est crucial de contacter un spécialiste du vitrail, car toute intervention sur le vitrail exige un savoir-faire spécifique et une exécution dans les règles de l’art. Tout le travail de fabrication et restauration du vitrail traditionnel, hormis la production du verre plat, est en effet entièrement réalisé à la main.

La création de vitraux aujourd’hui

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Vitrail contemporain composé de verres américains. © Irisations.

Le vitrail est un ornement prisé de la décoration contemporaine. Outre ses qualités décoratives, il contribue à créer une ambiance particulière dans son rapport à la lumière naturelle. Sans compter son utilisation fonctionnelle pour cacher un vis-à-vis ou diffuser la lumière dans une cloison ou porte intérieure.
En cas de pose sur des huisseries extérieures, il faut anticiper le choix technique de protection thermique, acoustique ou anti-effraction, ainsi que la technique de pose sur châssis existant.
Dans tous les cas, une solution personnalisée, sur mesure, tant décorative que technique, doit être proposée.

L’atelier d’art Irisations.

Irisations crée des vitraux d’art contemporains ou traditionnels sur mesure pour tous types d’ouvertures et d’intérieurs. Sensibles au besoin de préserver et de valoriser notre patrimoine architectural, culturel et touristique, nous intervenons dans les édifices privés ou publics pour restaurer les vitraux, qu’ils soient civils ou religieux.