La cité judiciaire de Poitiers (86), réfection des enduits et réparation des éléments en pierre

© Saint-Astier.
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Ce bâtiment de 18 000 m² situé au cœur de Poitiers sur six niveaux et avec ses six cents fenêtres, fut construit par l’architecte Tournessal à partir de 1855. Inauguré en 1858 par l’évêque de Poitiers, Monseigneur Pie, cet établissement d’enseignement prit alors le nom de Collège Saint-Joseph. Des générations d’élèves dont d’illustres personnages, tels les maréchaux de Lattre de Tassigny et Leclerc de Hautecloque arpentèrent ses interminables couloirs.

Le projet architectural en chiffres :
Maître d’ouvrage : APIJ.
Maître d’œuvre : Cabinet Brossy et Associés
Budget : 5,5 millions d’euros.
Surface : enduits 5 000 m² et reprise pierres 950 m².
Durée du chantier : dix-huit mois à quinze compagnons.

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© Saint-Astier.

En 1980, il prend le nom de lycée des Feuillants et, après le déménagement des élèves dans des locaux neufs, il cesse toute activité en 2010. Racheté par la ville de Poitiers et par le Conseil départemental, il est rétrocédé à l’État qui projette d’y construire une cité judiciaire favorisant le regroupement de différentes instances judiciaires.

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© Saint-Astier.

L’état de vétusté générale imposa pour cela une restructuration lourde des structures intérieures et extérieures. Les travaux de réfection des enduits de façades ainsi que les éléments pierre, particulièrement dégradés, furent confiés à l’entreprise Blanchon de Limoges (87), spécialisée dans la restauration du bâti ancien. Afin de les épauler dans cette tâche, l’entreprise fît appel aux Chaux de Saint-Astier pour son expertise technique reconnue. Les enduits de façade, abîmés par les conditions climatiques, la pollution urbaine et le fil des ans, étaient soufflés, délavés ou manquants. Face à cet état fortement dégradé, un piquage général de la maçonnerie fut effectué afin de préparer correctement le support pour recevoir sa nouvelle robe. Le choix des chaux hydrauliques naturelles apportant leurs qualités de souplesse, de perméance à la vapeur d’eau et leur résistance aux intempéries s’imposait. Pour respecter cette majestueuse bâtisse, la solution de recette chantier fut préférée. Il fut mis en place un sous enduit à base de Chaux Pure blanche LC★★★★® (NHL 3,5) et de sable local. De la même manière une finition en Chaux Téréchaux® ( NHL 2), mélangée également à un sable local, fut appliquée. À noter que la mise en œuvre se fit manuellement, telle qu’à l’origine. Concernant les ouvrages en pierre, hormis quelques changements ponctuels dus à une dégradation trop prononcée, il fut décidé d’effectuer un ragréage général sur les encadrements de fenêtres en pierre tendre type tuffeau. À cet effet, le service Recherche et Développement des Chaux de Saint-Astier fut sollicité pour trouver le produit adapté aux caractéristiques physiques et esthétiques de cette pierre très tendre.

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© Saint-Astier.

Après avoir effectué sur site des essais d’application et de compatibilité avec l’entreprise, le Mortier De Réparation De Pierre Très Tendre (MRPTT)1 fut retenu pour ses qualités de texture ou grain, de facilité d’application et de couleur rendue (teinte 23). Les différents types de finition tel que : le lissage, le bouchardage et le ponçage de certaines parties, ne posèrent aucun problème de mise en œuvre aux équipes. Concernant les soubassements et autres parties en pierre dure, le MRP d’usage sur le Poitou remplit parfaitement son rôle en termes de résistance, de texture et de respect des teintes. Pour quelques parties, un badigeon de chaux teinté de pigments minéraux, nommé Badilith®, fut appliqué à la brosse. Les différentes solutions mises en œuvre sur ce bâtiment lui permettront de résister aux outrages du temps et de traverser les époques dans ses nouveaux habits de Cité Judiciaire.

  1. Pour la fiche technique, contacter l’équipe Saint-Astier.