Jean-Jacques Lequeu, Il est libre, 1798-1799. © BnF
Jean-Jacques Lequeu, Il est libre, 1798-1799. © BnF

Jusqu’au 31 mars 2019

PARIS (75)

Petit Palais - Palais des Beaux-Arts de la Ville de Paris

www.petitpalais.paris.fr

  • déc. 2018
  • Par Communiqué de presse
Agenda culturel

Jean Jacques Lequeu (1757-1826) Bâtisseur de fantasmes

Jusqu’au 31 mars 2019
PARIS (75) – Petit Palais

Le Petit Palais présente pour la première fois au public un ensemble inédit de 150 dessins de Jean-Jacques Lequeu (1757-1826), artiste hors du commun. L’œuvre graphique de ce dessinateur méconnu est l’une des plus singulières de son temps. Elle témoigne, au-delà des premières étapes d’un parcours d’architecte, de la dérive solitaire et obsédante d’un artiste fascinant. Cette exposition est réalisée avec le concours de la Bibliothèque nationale de France qui conserve la quasi-totalité des dessins de l’artiste.
Jean-Jacques Lequeu, originaire d’une famille de menuisiers à Rouen, reçoit une formation de dessinateur technique. Très doué, il est recommandé par ses professeurs et trouve rapidement sa place auprès d’architectes parisiens dont le grand Soufflot. Celui-ci, occupé par le chantier de l’église Sainte Geneviève (actuel Panthéon), le prend sous son aile. Mais Soufflot meurt en 1780. Dix ans plus tard, les bouleversements révolutionnaires font disparaître la riche clientèle que Lequeu avait eu tant de difficultés à trouver. Désormais, employé de bureau au Cadastre, il tente en vain de remporter des concours d’architecture. Seulement, il doit se résigner à dessiner des monuments et des fabriques d’autant plus étonnants que l’artiste, pressentant que ces constructions ne sortiront jamais de terre, se libère des contraintes techniques.
Le parcours thématique de l’exposition retrace cette trajectoire atypique et aborde les différentes facettes de son œuvre. L’exposition ouvre sur une série de portraits, genre très en vogue au XVIIIe siècle. Lequeu se portraiture à de nombreuses reprises et réalise des têtes d’expression témoignant de sa recherche sur le tempérament et les émotions des individus. En parallèle, il continue de proposer des projets d’architecture qui n’aboutissent pas ou sont interrompus. Alors, fort de l’outil précis et technique, de l’épure géométrique et du lavis, Lequeu, à défaut de réaliser des projets, décrit scrupuleusement des édifices peuplant des paysages d’invention. Ce voyage initiatique au sein d’un parc imaginaire, qu’il accomplit sans sortir de son atelier, est nourri de figures et de récits tirés de ses lecture d’autodidacte tel Le Songe de Poliphile. Il conduit ainsi le visiteur de temples en buissons, de grottes factices en palais, de kiosques en souterrains labyrinthiques. L’exposition se termine sur une série de dessins érotiques oscillant entre idéalisation héritée de la statuaire antique et naturalisme anatomique.
Ainsi pour Lequeu, il s’agit de tout voir et tout décrire, avec systématisme, de l’animal à l’organique, du fantasme et du sexe cru à l’autoportrait, et par-delà de mener une véritable quête pour mieux se connaître lui-même.
En 1825, six mois avant de disparaître dans le dénuement et l’oubli, il donne à la Bibliothèque royale l’ensemble de ses feuilles livrant l’une des œuvres les plus complexes et curieuses de cette période. Au XXe siècle, des recherches ont permis de redécouvrir peu à peu l’artiste, mettant en lumière ses dessins les plus déconcertants mais jamais une rétrospective n’avait été organisée sur ce génie si singulier.

Plus dans Agenda culturel